lundi 18 mai 2015

In Cathedra. Surgissement de la création


« De gymnopédie ...
In Cathedra
pas à pas hésitant
dans le choeur dévasté
de poème... »

Cette dédicace par Henry le Bal, poète et dramaturge quimpérois, de l'ouvrage « In Cathedra » composé avec la complicité du photographe Thierry Bécouarn donne le ton de la magie opérante des deux artistes exceptionnellement autorisés par les autorités religieuses et par Pierre Alexandre, architecte des Bâtiments de France pour le Finistère, à mener une collaboration inédite de la parole et de l'image, dans le théâtre de la cathédrale St Corentin de Quimper fermée, à l'automne 2014, en raison de travaux d'installation d'un chauffage. Le chantier étant interdit au public, les deux créateurs y venaient la nuit.






Le contexte de cette rencontre du sacré et du profane est décrit par le Père Michel Mazéas, curé de la cathédrale, dans la préface de l'oeuvre :

« … ce fut pour le curé et ses ouailles un véritable traumatisme : sol éventré, dalles médiévales descellées, autels et statues ensevelies dans des linceuls livides, nef et choeur envahis d'engins inquiétants. Les trépassés anciens, troublés dans leur sommeil, remontaient eux-mêmes des entrailles de la cathédrale où ils avaient été déposés dans l'attente de la résurrection... »








Absent de l'album édité, ce cliché est exposé à la galerie « La Photo par Passion » (*).
Thierry Bécouarn propose sa lecture de l'image :

« Avec les excavations, la statuaire, le mobilier recouverts d'un immense drapé, la structure de l'édifice, on avait l'impression que trois mondes se superposaient, dans une drôle d'allure fantomatique. Selon les angles et la lumière, il y avait des évocations très différentes. Hors toute idée de reportage ou de fil narratif du chantier, j'ai déroulé un fil de lumière utilisant l'éclairage et la symbolique.
Sur cette vue, la peinture de Yan' Dargent est éclairée par un flash blanc pour simuler la lumière de la création. L'ange tourne la main vers la droite et vers le haut. En bas à gauche, la machine rouge tourne son bras de l'autre côté. C'est la bête. Elle creuse le sol et exhume d'ailleurs régulièrement des ossements. Elle est on ne peut plus bas, à l'opposé de l'ange. Le reste du passage, éclairé de jaune par des projecteurs de tungstène, suggère les flammes de l'enfer. Et tout au fond, une lumière blanche offre aux âmes perdues l'occasion de trouver une sortie... Au deuxième plan, à droite, une ligne de fracture dans le dallage sépare les deux univers. »







« Composée avec Henry Le Bal, poursuit le photographe, cette mise en scène dans un éclairage blanc à la Rembrandt, permet, avec des ombres fortes, de mettre l'accent sur une partie du sujet. L'éclairage tombe en pluie pour simuler la lumière de la création et met en évidence le livre de la connaissance. Sur le côté du pilier, on est dans l'ombre, avec un lustre allumé qui symbolise la pâle lumière de l'humanité, beaucoup moins lumineuse. »


Edité par Henri Belbéoch (éditions Palantines), « In Cathedra » est proposé à la vente à la Galerie « La Photo par Passion » (*) au 11 rue Toul al Laer et à la Galerie de Bretagne, au 13 rue du Frout à Quimper.

Crédit photo : Thierry Bécouarn. Tous droits réservés.
> Pratique : cliquer sur les images.
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